Un an pour moi

À quelques jours de retourner au travail après un an sans travailler, l’heure est au bilan. Je vois que rapidement, il y a une partie de moi qui veut analyser ce que j’ai fait, ce que j’ai accompli.

Je n’ai pas envie d’analyser sous l’angle du « faire », mais plutôt sous l’angle du « être ». Comment j’ai réussi à être? Comment était mon état intérieur? Qu’est-ce que j’ai appris sur moi? Où j’en suis par rapport aux intentions que j’avais écrites à la fin de ma retraite solo dans les bois en mars de l’an dernier.

Intentions pour cette sabbatique

D’abord, je me rends compte que je n’ai pas vraiment relu mes intentions, en tout cas, pas dans les derniers mois. Je ressors mon carnet où j’avais noté le 13 mars 2024 :

  • Je cultive la foi qui permet de goûter à la spontanéité.
  • J’ai plein de vitalité dans un corps en santé.
  • Je deviens un être de compassion assertif.
  • Je suis zen avec un système nerveux régulé et plein d’espace au niveau mental.
  • Je vis de la joie au quotidien.
  • Je maintiens une posture où je me priorise et je suis responsable de mon bonheur.
  • Je prends le temps de méditer avant toute décision importante.

Je relis ces intentions et je peux me reconnecter avec l’état dans lequel j’étais lorsque j’ai commencé mon année sabbatique. Je retouche à quel point mon système nerveux était épuisé, dérégulé. Combien j’avais l’impression d’avoir mis des choses de côté « en attendant que » j’aie l’énergie et l’espace.

Je me sentais bien plus en mode « survivant » qu’en mode « vivant »!

Je suis donc arrivé en sabbatique avec de longues listes de choses à régler, matériellement, administrativement et surtout émotivement et psychologiquement. Comme si j’avais accumulé un amoncellement de boites au placard et que là, c’était l’heure du grand ménage!

Ménage du printemps

La retraite solo de deux semaine que je me suis offerte a permis de casser le rythme effrené des mois et même des années qui ont précédées. Malgré ça, on ne sort pas de nos vieilles habitudes et croyances en claquant des doigts.

J’ai investi beaucoup de temps et d’énergie durant mon année à prendre soin des trucs qui me pesaient.

Ainsi, je me sens maintenant beaucoup plus léger! Ce ménage du printemps s’est opéré à plusieurs niveaux. D’ailleurs, je vois mieux maintenant comme tout est interelié au niveau du système nerveux, de la vitalité, ds tensions, de l’aspect énergétique, des émotions et des pensées. Agir sur un des plans impacte les autres. Et penser qu’on peut tout régler en agissant seulement sur un plan, c’est une vision un peu simpliste. Bref, je suis tout un écosystème!

En bref, quelques éléments libérés dans ce ménage du printemps :

  • Libération de beaucoup d’objets matériels.
  • Tri de mes souvenirs matériels pour laisser aller plusieurs objets et l’attachement associé.
  • Ménage virtuel pour libérer (un peu) ordinateur et serveurs.
  • Tri au niveau de mes dépenses pour me sentir plus libre financièrement.
  • Dialogues avec plusieurs personnes m’ayant permis de nommer des choses qui me pesaient depuis un certain temps et aussi d’offrir de l’écoute. Ça concernait beaucoup les relations amoureuses et intimes, mais pas que ça.
  • Pardon à moi et d’autres pour des choses qui me pesaient, par exemple dans ma relation avec Annick.
  • Des croyances et dynamiques dont j’ai pris conscience et ont maintenant moins d’emprise sur moi.

Bref, cette année a été une année d’introspection riche permettant de mettre plus de conscience sur beaucoup de choses qui avaient été mises au placard. Et à chaque élément libéré, moins de stress et de tensions dans le corps, et plus d’énergie et d’espace pour autre chose.

Vitalité

Le grand ménage du printemps décrit précédemment a vraiment contribué à diminuer mon niveau de stress et de tensions. Je sens que j’ai retrouvé un niveau « normal » d’énergie environ 6 mois après avoir arrêté de travailler.

Malgré le fait que j’étais nomade et constamment en déplacement, j’ai essayé de maintenir une alimentation relativement saine et diversifié en limitant les mets transformés lorsque possible. J’ai aussi limité ma consommation d’alcool à quelques consommations par mois. Et je suis passé d’un acfé tous les matins pour être fonctionnel à un café ou deux par mois. Reste à voir si je saurai maintenir ce faible niveau de caféine en recommançant à travailler!

Du côté du sommeil, ça a été plus difficile considérant que je dormais constamment dans de nouveaux environnements avec des bruits, des énergies, des matelas différents. Malgré tout, je vois que j’ai le sommeil beaucoup plus facile maintenant et l’insomnie que je vivais dans les dernières années est disparue. Ça c’est une grande victoire!

Finalement, je célèbre la routine de yoga et méditation que je maintiens depuis 3 mois maintenant! Je vois l’impact sur mon niveau d’énergie, la clarté mentale, l’espace intérieur et ma santé physique aussi, avec plus de tonus. Des pratiques tantriques (et taoistes) comme la rétention séminale auront aussi contribué à accroitre mon niveau d’énergie et ma vitalité. Il ne reste qu’à me remettre à des activités physiques plus cardio pour retrouver plus de capacités cardiovasculaires.

Bref, ça fait longtemps que je ne m’étais pas senti en santé comme ça.

Je ne suis jamais seul / cultiver la foi

Je me sens beaucoup plus flexible, ouvert, prêt à accepter ce qui est et à accepter de ne pas tout savoir ou comprendre.

Oser avancer avancer dans l’inconnu et faire confiance à mon intuition. En écrivant ça, je me rends compte qu’il y a plus de foi.

Je me sens beaucoup moins seul aussi, moins en craving de connexion et de validation extérieure. C’est encore présent bien sûr, mais je sens que ça me dirige moins. Cette foi en quelque chose de plus grand, d’avoir goûté un peu à qui je suis vraiment, m’aide à ne pas me sentir seul.

J’apprécie ma propre compagnie. J’apprécie le silence. Je suis même (parfois) capable de ne rien faire! Il y a une partie de moi qui a hâte de rencontrer ma partenaire de vie, et en même temps je ne me sens pas en mode « chasseur » comme j’ai pu vivre dans le passé. Je suis dans la confiance que je vais la rencontrer au bon moment.

Et tout ça, ce sont de formidables victoires! Bien plus précieuses que des accomplissements matériels que j’aurais bu cocher sur une bucket list.

Intuition et flow

Un des éléments que j’ai envie de célébrer, c’est ma capacité à être plus à l’écoute de l’intuition et prendre des décisions plus à partir du coeur que de la tête. Plus à partir de l’âme que de l’ego.

Quand j’ai fait confiance que je devais suivre ce que je sentais même si je ne comprenais pas mentalement, ça m’a amené de belles découvertes et rencontres. Je vois comment le mental est limité par ses connaissances et son expérience du passé, ainsi que ses capacités de projection dans le futur. Il y a quelque chose au delà du mental qui a accès à une sagesse, à une connaissance plus vaste. Ça, c’est accessible dans la méditation, dans le moment présent quand le mental n’est pas agité, avec un système nerveux régulé.

Lieu de vie

Le choix de mon lieu de vie pour mon retour aura été tout un processus. J’ai pris le temps à quelques reprises de clarifier mes aspirations, ma vision à partir de ce que j’avais envie de vivre dans mon corps, dans mon coeur plutôt que ce que je pensais avec ma tête qui serait bien. J’ai eu plusieurs offres très intéressantes auxquelles j’ai dit non, parce que j’entendais un non à l’intérieur. Ça a été tout un processus d’accompagner les parties de moi qui avaient peur de faire le mauvais choix ou de ne rien trouver.

Comme j’écrivais avant de revenir, j’ai observé la dualité entre ce qui veut pratiquer la foi, la confiance en plus grand, l’abandon au plan divin, et ce qui vit de la peur, qui veut planifier, savoir, comprendre, qui tolère (encore) difficilement l’inconnu et le mystère. Je me suis posé la question à plusieurs moments à savoir si je devais continuer de cultiver la foi et faire confiance que quelque chose m’attendais ou faire davantage de démarches. J’ai essayé de faire ces démarches seulement quand ça partait d’un réel élan et pas seulement de la peur. Succès mitigé.

Toujours est-il que je suis revenu au Québec sans savoir où j’allais vivre. Le vendredi soir, lendemain de mon retour, je ne savais pas encore où j’allais aller le samedi. J’avais des amies qui m’avaient proposé une chambre, mais ça me disait non sans que je ne comprenne pourquoi. Finalement, le vendredi soir, une amie a vu mon message sur Facebook et m’a proposé sa chambre. Elle m’a appris qu’elle était à l’hopital et je pouvais m’occuper de son appartement à Magog. Ça s’est placé comme ça.

À partir de la mi-mars, je déménagerai à Waterville pour au moins quelques mois. Une opportunité que mon ostéopathe m’a mentionné le lundi. Un endroit où je me sens vraiment déposé qui cadre presque parfaitement avec ce que j’avais écris comme aspirations pour mon lieu de vie. Un endroit qui ne s’est jamais retrouvé sur Marketplace, là où mon mental cherchait.

Bref, tout ça pour dire que je prends le temps de méditer et de m’observer avant toute décision importante. Une autre intention de plus qui s’est finalement déployée.

Compassion et assertivité

Après toutes ces célébrations, je ne pourrais pas compléter cet article sans mentionner aussi qu’il me reste du chemin à parcourir. Je pourrai bonifier, mais mentionnons :

  • Cultiver davantage la compassion. Voir la souffrance et l’humanité chez l’autre (et chez moi). Me relier à ce que vis l’autre avant de juger. Pratiquer le bénéfice du doute.
  • Muscler mon assertivité. Prendre responsabilité pour mon expérience, entrer en lien avec mes besoins et mettre mes limites. Les respecter moi-même et les faire respecter avec bienveillance et fermeté. J’aurai probablement de beaux contextes de pratique en retournant au travail dès demain!
  • Poursuivre l’entrainement à la résilience de mon système nerveux. Apprendre à rester régulé quand les autres ne le sont pas, quand ça ne se passe pas comme « je » veux (« je » représente l’ego ici). Me pratiquer à revenir plus rapidement dans un état régulé.

Bilan à compléter

Une partie de moi aurait avoir tout fini cet article avant de retourner au travail. J’ai choisi de prioriser le repos, des moments en nature et des moments de connexion avec des amies. Alors, je reviens le compléter quand j’en ai l’élan!

Même si je n’ai pas terminé, ça me fais plaisir de lire vos feedback!

Laisser un commentaire