Ça y est! Je retourne au travail lundi matin, après un an sans travailler. Ça aura été tout un processus de faire ce choix de retourner. Je me sens bien avec ce choix, même excité à l’idée de retourner. Et il y a des appréhensions que ce soit un peu drastique comme changement de rythme et d’environnement de vie. Je veux me rappeler de connecter constamment au sens, au service de plus grand que moi tout en revenant dans l’instant à l’écoute de mon corps et de mes limites.
Processus d’introspection
Je n’ai pas beaucoup partagé sur le thème du travail sur ce blogue. Le « travail » de développement personnel, oui, mais la mission, la contribution, l’aspect professionnel, beaucoup moins. Je n’étais pas à l’aise de nommer publiquement que j’hésitais à retourner à la fin de mon année sabbatique. Ça aura été un gros processus de prendre soin de tout ce qui avait été mis de côté, de faire la paix avec tout ce qui avait été sacrifié au nom du travail dans les dernières années. Restaurer un système nerveux magané, malmené, dérégulé.
Et une fois l’énergie et la vitalité revenue, je dirais environ à la moitié de cette année sabbatique, j’avais de l’ouverture à aborder cette question de la contribution dans le monde, du travail.
Je me suis tourné vers des amis avec qui échanger à ce sujet et aussi vers un conseiller en orientation pour avoir un accompagnement neutre. Tout ce processus m’a permis de voir des patterns, des croyances, des façons de travailler, bref tout ce processus m’auras permis beaucoup de prises de conscience.

Prises de conscience
Les paragraphes qui suivent ont été majoritairement écrit à l’automne dernier, dans cette période de questionnement intense pendant laquelle je ne savais pas si je retournerais au travail ou non. Je ne sentais pas juste de les publier alors que je ne sentais pas qu’il y avait une conclusion. Ça brassait encore trop sur ce thème.
Travail physique (octobre 2024)
À force d’être arrêté depuis plusieurs mois, il y avait une crainte en moi de ne plus être « capable » de repartir quand ce serait le temps. Avec la célébration du Kimchi ce week-end, je vois que je peux vraiment « switcher » de mode et être très efficace. Je vois à quel point quand je me sens utile, quand je sens que ce à quoi je contribue fait du sens et est aligné avec mes valeurs, j’ai de l’énergie pour travailler physiquement de longues heures. Et l’ambiance y est aussi pour beaucoup! Quand tout le monde qui est là a envie d’être là, qu’on est ensemble vers un objectif commun, c’est vraiment motivant. Et ça permet de belles rencontres!
Un défi pour moi dans ces situations est de rester en contact avec mon corps pour ne pas oublier de boire et de m’étirer à l’occasion!
Combiner être et faire en même temps. Rester à l’écoute de moi, dans l’action.
C’est vraiment satisfaisant de travailler physiquement, de voir le résultat concret des efforts collectifs réalisés dans la journée. Une belle fatigue aussi à la fin de la journée qui aide à dormir!

Travail mental (octobre 2024)
Et pour ce qui est de travailler mentalement, j’aime quand c’est stimulant, quand il y a des problèmes à résoudre ou quand je peux laisser libre cours à ma créativité. Par exemple, je peux m’asseoir plusieurs heures devant mon ordi pour rédiger un article de blogue comme celui-ci. (Là je suis assis au soleil à une table à pique-nique avec le vent qui fait frémir les couleurs dans les arbres près du Fleuve aux Éboulements, une corneille croasse, et la célébration du kimchi s’active derrière.) Je vois quand même que je me vois de plus en plus difficilement assis devant un ordinateur de 9 à 5 jour après jour sous des néons sans aucune nature à proximité.
En discutant avec plusieurs personnes, je me rends bien compte que je ne suis pas le seul à trouver ça difficile de travailler devant un ordinateur durant de longues heures jour après jour.
J’ai accepté un petit mandat de quelques heures pendant mon année (mon seul travail rémunéré) qui sollicitait mon mental. J’ai pu voir comment c’était difficile d’embarquer, d’initier le processus et une fois dans le courant, c’est parti et ça coule! J’ai pu voir aussi comment, si je ne suis pas certain d’être compétent, mon système nerveux peut me faire éviter ou figer pour ne pas me faire vivre l’inconfort de ne pas savoir. Vraiment pertinent à voir! Une clé par rapport à la procrastination. Finalement, j’ai aussi pu voir comment le café peut être une solution facile pour pallier à la fatigue. Mais le café ne permet pas de réguler le système nerveux, ça me fait plutôt entrer en mode combat!


Environnement de travail
En me déplaçant comme nomade pendant un an, j’ai vraiment pu voir combien mon environnement influence aussi mon énergie. En fonction de ce que représente cet environnement pour moi, ce qui y est associé est le travail mental? la détente? la procrastination?
Quand je suis dans un espace où tout le monde est dans une certaine disposition, une certaine énergie, c’est plus propice pour moi aussi de me placer dans cette disposition. Ça a été vraiment évidemment quand j’étais en retraite de méditation à l’ashram. C’était si facile d’avoir la volonté et le courage de rester en silence, loin de mon cellulaire et engagé à retourner encore et encore en méditation. C’est la co-régulation des systèmes nerveux en action?
Travailler dans un contexte de bureau où la seule lumière est artificielle, n’est pas sain si maintenu constamment. C’est prouvé scientifiquement et j’ai pu expérimenter l’impact bénéfique de me retrouver en nature sur la régulation de mon système nerveux, sur mon niveau d’énergie, sur ma créativité et sur ma concentration.
Je peux voir aussi la difficulté de me concentrer sur une tâche qui demande beaucoup de brainpower dans un milieu bruyant ou agité. Ça peut être stimulant de travailler dans un environnement où les gens sont dans l’action et le travail. Si cette stimulation dépasse un certain seuil, si le stress est trop important, ça crée plus d’agitation que d’activation et alors ça devient vraiment difficile de se concentrer sur une tâche.
Choisir consciemment
Le zen et l’art de sauver la planète
Le titre qui précède est le titre d’un livre qu’une précieuse amie m’a offert juste avant que je parte en voyage. Je l’ai lu ici et là au fil de mon voyage. Ce livre de Thich Nhat Hanh a vraiment contribué à apporter plus de clarté pour moi à voir ce à quoi ressemble l’action engagée. C’est beau de méditer dans un monastère, ça peut avoir un impact sur le niveau de conscience de l’humanité, et en même temps je vois comment ça colle plus avec personnalité d’agir dans le monde. Un peu à l’image du karma yoga.
Incarner dans le monde les valeurs auxquelles j’aspire, la vision que je souhaite pour l’humanité, même si c’est bien maladroitement par moment.
Sens
J’ai touché à toute l’importance du sens, de l’espoir pour générer l’énergie nécessaire à la mise en action. Je fais le choix conscient de retourner travailler au bureau lundi matin pour plusieurs raisons. D’abord, une opportunité de voir comment je peux oeuvrer au service de la collectivité, au service de quelque chose de plus grand que moi. Tout en sachant que je dois être bien, avoir un système nerveux régulé pour agir à partir d’un espace d’amour et non pas d’un espace de peur. Le travail devient alors un magnifique plancher de danse où je peux apprendre à prendre soin de mes besoins et de ceux des autres. Muscler l’assertivité!
Si un jour je veux transmettre la CNV, je vois que je dois d’abord me pratiquer à l’incarner, à vivre les valeurs de la non violence au quotidien dans mon travail.
Durant mon voyage, j’ai touché au principe de la non violence de plusieurs façons, à travers le livre dont je parle plus haut, d’un livre sur l’histoire de Gandhi, de ma retraite de méditation et aussi en étant en contact avec le bouddhisme et ses enseignements. Au travail, j’ai de nombreuses occasions de pratiquer avec les collègues, les partenaires, les citoyens. Mais d’abord avec moi-même! Comment je peux me libérer des jugements sévères envers moi-même, du non respect de mon rythme et de mes limites, etc.
Ainsi, le travail est une opportunité de mettre en place une hygiène de vie qui prend soin de mes besoins de mouvement, de connexion à la nature, de respect du rythme, de repos, de vitalité, de liberté. Une opportunité aussi pour me pratiquer à voir l’humanité chez les autres (collègues, partenaires, citoyens) et me relier à ce qu’ils vivent derrière ce qu’ils disent. Ainsi, nourrir des besoins de connexion, de sens, d’appartenance, d’authenticité, de contribution.
Bref, un beau laboratoire pour me pratiquer à me faire des demandes et à faire des demandes aux autres pour vivre de plus en plus ce que j’aspire à vivre, dans le respect de mes besoins et de ceux des autres.
Angles morts
J’ai écris ce texte bien rapidement, mélange d’inspiration et de fébrilité en raison du temps limité avant de retourner au travail. J’avais envie de l’écrire avant de vivre l’expérience de rentrer au bureau (qui fera probablement l’objet d’un autre article de blogue).
Mais voilà, dans cette hâte à publier ce texte, il y a probablement des coins que j’ai tourné un peu rond ou des angles morts que je ne vois pas ou que je n’ai pas exposé. J’aimerais que vous puissiez m’aider à les voir en me laissant des commentaires.