Retour aux racines ancestrales

Début mai. Waterville et forêts environnantes, notamment sur le site de la Tribu des bois. 4 jours d’ateliers pratiques et théoriques sur l’approche 8-shields organisé par Mikayla, ainsi que Arnaud de Connection Pathways. J’avais déjà brièvement décrit l’approche 8-shields l’automne dernier.

Je vous partage ce qui reste en moi, quelques semaines après avoir vécu ce long week-end d’ateliers.

Langage des oiseaux

Un premier atelier qui m’a permis de retoucher à ce que j’avais vécu dans un week-end complet il y a quelques années avec Programmes Coyote. C’est à dire des connaissances théoriques, mais surtout une meilleure connexion à ce qui m’entoure en nature.

Ce qui me marque le plus, c’est comment, contrairement à la majorité des autres espèces vivantes, nous sommes complètement déconnectés de notre environnement. Si on passait plus de temps en nature et qu’on y était réellement présents, on pourrait reconnaitre notamment les cris d’alarme des oiseaux. Savoir quand il y a un prédateur, de quel type il s’agit et où il est situé. Et comprendre que parfois, c’est moi le prédateur qui fait réagir les oiseaux! Et ça, ça alerte toutes les autres espèces animales présentes parce que elles, elles sont pleinement présentes!

Rythmes naturels

Un des éléments qui me rejoint particulièrement de l’approche 8-shields, c’est toute l’attention portée au rythmes naturels. Pendant des millénaires, notre corps et nos sociétés ont été façonnés par les rythmes de la nature.

  • Aube, zénith, crépuscule et nuit.
  • Printemps, été, automne et hiver.
  • Naissance, adolescence, adulte et vieillesse.
  • Germinaison, fleur, fruit et semence.

Ces rythmes, ils se retrouvent décrits dans les 8 directions. Et on nous les a fait vivre au cours de chaque journée d’atelier qui était structurée pour s’accorder aux rythme des 8 directions.

Ma direction

Lors de ces 4 jours d’atelier, j’ai eu la chance d’avoir le rôle d’incarner une des directions aux côtés d’autres qui incarnaient les autres directions. Ça a été vraiment riche d’ajouter ce petit extra : de prendre conscience de l’énergie que j’apporte dans le groupe et de voir les autres en action.

J’ai incarné le sud, qui représente notamment la concentration, et j’ai pu partager mes connaissances notamment sur l’identification des plantes. Je vois comment je me sens bien à partager et contribuer ainsi. Et en même temps, je vois le défi d’agir comme un mentor qui pose des questions, qui amène l’autre à observer, à connecter plus en profondeur. Très différent d’une attitude de professeur qui veut gaver les étudiants de connaissances!

Natural families

J’ai été particulièrement touché de voir les enfants jouer en nature, de les voir s’auto-gérer pendant que les adultes apprenaient différentes choses comme de tresser de la corde avec de la fibre de quenouille. De voir les enfants s’intéresser aussi à ce que les adultes apprenaient. Pas parce qu’on le leur demandait, mais parce qu’ils avaient la liberté d’écouter leur curiosité.

Ces 4 jours d’ateliers ont beaucoup nourrit mon besoin de communauté. Discuter avec de beaux humains, faire des rencontres surprenantes, prendre le temps de connecter. Goûter à l’entraide, à l’écoute, au respect du rythme, à la contribution, au partage! Ça me donne envie d’évoluer professionnellement et personnellement dans un milieu, dans une communauté où ces besoin sont nourris!

Retrouver la connexion

En soirée, un atelier vraiment touchant et pertinent sur les familles naturelles où on a abordé des sujets comme la connexion, l’attachement et la co-régulation, le tout tiré notamment du livre The Evolved Nest de Darcia Narvaez. Son vidéo Breaking the cycle of competitive detachment explique notamment comment pour la majeure partie de l’humanité, on a vécu en coopération. L’isolement et l’individualisme que nous expérimentons dans nos sociétés occidentales ne sont pas notre vraie nature comme humains.

Cultiver des familles en santé, c’est cultiver une humanité en santé.

Traduction libre de Kristyna Shea

Cet atelier m’a vraiment donné envie d’approfondir le sujet, d’abord pour mieux me comprendre comme humain. Comprendre comment mon enfance, la culture, mon environnement ont pu me façonner. Et surtout comprendre comment changer la tendance pour la suite. La suite de ma vie, de ma famille à venir, de la communauté dans laquelle j’ai envie d’évoluer et de la portion d’humanité que j’ai envie d’inspirer.

Les principes du 8-shields sont une des clés pour un retour vers une connexion profonde à nous et à la nature. Reconstruire de vrais villages, des systèmes régénératifs et guérir de ce que la déconnexion a pu créer. Pour mettre le tout en action, Arnaud va lancer prochainement le Natural Families Network si vous souhaitez en savoir plus.

Allumer le feu, écoute et présence

Le dimanche, la proposition était d’allumer un feu par friction. Cette expérience hautement significative m’a inspiré ce petit texte :

Intention, humilité et confiance,
Pas à pas, une étape à la fois.
Prendre le temps, en présence.
Préparer chaque pièce avec foi.

Puis, vient le temps de la friction.
Juste tension, juste pression.
Mouvements ajustés avec attention.
Se replacer, s'ajuster sans prétention.

Constance, patience et écoute.
Et quand ça commence à fumer,
Poursuivre le mouvement avec constance.
Et quand le charbon s'accumule,
Poursuivre le mouvement patiemment,
Pour savoir quand arrêter, être à l'écoute.

Rien ne sert de se presser.
Rien ne sert de s'agiter.
Doucement, délicatement.
Faire passer le tison dans le nid.

Tison. Feu en naissance.
Oxygéner. Souffler avec présence.
Pas assez et ça s'éteint.
Trop de vigueur et ça s'éteint.

Fumée qui s'accentue.
Feu qui veut vivre.
Tison ardent, brûlant.
Wow! Flammes qui jaillissent!

Magie de la Vie!

Allumer un feu par friction, un juste mélange d’intention, d’humilité, de présence, de douceur, de patience, de foi, de constance, d’écoute et de danse avec ce qui est! Quel honneur de donner vie à ce feu! Qui est la femme me fera l’honneur de me laisser donner plus de vie à son feu?

L’art du pistage intérieur et extérieur

Pister, c’est tout un art! Au-delà des apprentissages sur les formes et patterns des pistes et fèces (caca) d’animaux, ce que je retiens le plus, c’est la puissance de me mettre à la place de l’animal. Se placer à sa hauteur, imiter le pattern de ses pas, sentir plus que réfléchir l’espèce dont il s’agit.

Je vois le parallèle avec l’empathie. Se mettre dans la situation de l’autre. Comprendre sa perspective en mettant « ses lunettes » plutôt que les miennes.

Pour être un bon pisteur, il est judicieux de d’abord pratiquer le pistage intérieur. Qu’est-ce qui se cache en moi?

Par exemple, pendant l’activité, j’ai pu voir les jugements, ce qui en moi aurait aimé être meilleur. Qui se disait que j’aurais dû être meilleur même considérant que j’ai une formation en écologie. Cette pression de performance, ce désir d’avoir « la bonne réponse » limitent ma capacité à me connecter à l’animal qui est passé par là. C’est alors mon mental qui cherche plutôt que ma conscience!

Et vous?

Est-ce qu’il y a un élément partagé dans cet article qui vous touche particulièrement?

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