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Éléphants, animaux sociaux

ECC : mission conservation des éléphants

Ici, au Elephant Conservation Center (ECC), l’éléphant est vraiment au centre. La mission est d’assurer la protection des éléphants au Laos, de leur prodiguer des soins et de travailler à la reproduction pour reconstruire la population. La protection de l’habitat est aussi une portion importante de leur travail, car la perte d’habitat est la cause principale du déclin des éléphants au Laos. Il ne resterait qu’environ 300-400 éléphants sauvages au Laos, dont une soixante dans le parc national de Nam Pouy, où leur protection est assurée par l’ECC. Finalement, l’éducation est primordiale pour changer les mentalités et la relation avec les éléphants et assurer leur survie future au Laos.

Il y a plusieurs menaces sur la survie des éléphants, dont un sérieux problème de natalité chez les éléphants du Laos actuellement. Il y a 10 éléphants qui meurent pour chaque naissance. À ce rythme, il pourrait ne plus y avoir d’éléphants au Laos dans une vingtaine d’année. Plusieurs des mahouts* qui ont des éléphants pour le travail (transport de bois dans la forêt ou dans des camps pour touristes) ne veulent pas que les femelles soient enceintes parce que ça impliquent plusieurs années d’inactivité et de perte de revenu. Pas payant une maman qui est enceinte aussi longtemps (presque deux ans) et qui doit allaiter ensuite (plusieurs années). Aussi, le propriétaire d’une femelle enceinte doit payer un fort montant au propriétaire du mâle géniteur.

*Mahout (ou cornac) : est le maître, le guide et le soigneur d’un éléphant. Voir plus bas.

Rafraichissement au point d’eau.

Si nous sommes autant attirés, fascinés par des animaux comme les éléphants, c’est parce que nous admirons leur capacité à être pleinement présent dans l’instant? Leur empathie? Le jeu?

Ici, à l’ECC, on ne touche pas les éléphants, on les monte pas, on ne les lave pas. Les seules personnes autorisées à les approcher sont les mahouts, les vétérinaires et les biologistes. On les observe à une certaine distance. Et certains des éléphants, moins domestiqués n’habite pas le territoire accessible au public. Pourquoi accueillir des touristes comme ça ici? Parce que c’est la source de financement principale pour tous les efforts de conservation du centre.

Rééducation et socialisation

Les éléphants ont été conditionnés depuis leur jeune âge pour travailler, pour suivre les ordres qu’ils se font donner par leur mahout. Au Laos, un éléphant en captivité est considéré comme du bétail, son propriétaire peut donc le traiter comme bon lui semble. La maltraitance et la malnutrition est bien présente.

La majorité des éléphants en captivité sont isolés, ils ne savent donc plus vivre en horde, nécessaire à la survie en nature. Une des activités importante à l’ECC est donc de réapprendre aux éléphants à socialiser, à entretenir des relations et à se protéger mutuellement.

Par exemple, certains mâles ont été tellement été isolés qu’ils peuvent être complètement démunis face a une femelle en chaleur, ne sachant pas comment s’y prendre. Complètement maladroits et inadaptés parce qu’ils n’ont pas eu de modèle, qu’ils n’ont pas eu la chance d’apprendre.

Musth

Quand le niveau de testostérone atteint un certain niveau, les males deviennent incontrôlables, même pour leur mahout. Ils peuvent devenir dangereux. Ici, à l’ECC, ils sont amenés loin dans la forêt et enchainés avec une longue chaine à un arbre et là ils peuvent se défouler, briser les arbres et faire circuler leur énergie! Il peuvent faire pas mal de ravage!

Les males utilisés pour travailler peuvent recevoir des traitements hormonaux pour réduire leur niveau de testostérone, les rendant plus dociles et donc plus rentables. Et ça, ça nuit aussi à la reproduction et la natalité de nouveaux éléphants! Ça change en effet la qualité du sperme et la capacité physique et psychologique pour se reproduire.

Relation avec le mahout

Traditionnellement, la vocation de mahout se transmet de père en fils, l’éléphant étant considéré comme partie de la famille. Normalement un mahout développe une relation avec un éléphant dont il s’occupe tout au long de sa vie. Une relation durable s’établit avec un engagement considérable du mahout, générant de l’intimité et de la confiance dans la relation.

Ici, à l’ECC, la relation est basée sur la confiance, les renforcements positifs et l’assertivité. Ce n’est pas le cas pour tous les mahouts qui éduquent leur éléphant, où la relation peut être davantage basée sur la peur, les renforcements négatifs et la violence.

Retrouver notre état naturel

Sauf pour la première section, on pourrait relire tout ça et remplacer le mot éléphant par le mot humain. Je vois tellement de parallèles!

On a été conditionnés pour suivre les règles et être des machines de production et de consommation. On ne mange peut-être pas 200-300 kg de nourriture par jour, mais avec tout ce qu’on consomme, l’impact d’un humain sur l’écosystème est probablement plus grand que celui d’un éléphant! Et on vit de plus en plus isolé, chacun dans notre appartement ou maison, captifs de nos écrans et n’ayant plus les interactions sociales et les modèles relationnels positifs et non violents qui nous permettraient de nous épanouir.

Comment retrouver notre vraie nature?
Comment retrouver notre véritable place dans l’écosystème?
Recréer de véritables sociétés nourrissantes, où l’humain est au centre! Où le respect, l’empathie, la compassion, l’humanité prévalent! Où les relations profondes sont basées sur l’engagement, l’intimité et la confiance. Sortir de ce mode de production et recommencer à vivre!

Un peu d’écriture automatique matinale :

Retrouver l'état de joie, le jeu.
Laisser l'intuition, les élans nous guider.
Être pleinement vivant dans l'instant.
Transcender la domestication, les conditionnements.

Dépasser la peur des représailles.
Intégrer les parties blessées, les traumas.
Se rappeler de sa réelle identité.
Rayonner, libre, sauvage, dans toute sa grandeur!

Et vous?

Je suis curieux de vous entendre! Qu’est-ce que ça évoque pour vous de me lire?

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