Ma première semaine de vacance cet été était consacré à participer à la retraite intensive de CNV de Spiralis à L’Ensemblitude à Sutton. Ça a été une expérience vraiment riche entouré d’humains inspirants et d’une nature magnifique.
Maintenant que je suis revenu chez moi, l’élan est de partager ici quelques perles de ces 5 jours de formation. Histoire de pouvoir rester avec tous les fruits de cette retraite!
Comme je me suis déconnecté des écrans le temps de cette retraite, je n’ai pris aucune photo! J’essaie d’en trouver quelques unes auprès des organisateurs pour egayer un peu ce long récit!
Pourquoi ce titre?
Avant de partager sur les différents éléments dont j’ai envie de me rappeler, je commence par vous partager un texte qui a émergé le lendemain de la retraite. Ça synthétise plusieurs des éléments et permettra de rassurer ma partie qui trouvait que le titre qui a émergé n’était pas assez représentatif de l’article!
Rester avec l'inconfort.
Rester avec l'émotion intense.
Sans vouloir fuir, cacher, combattre.
Sans vouloir que ce soit autrement.
Rester avec ce qui veut fuir.
Rester avec ce qui veut cacher.
Rester avec ce qui veut combattre.
Rester avec ce qui veut que ce soit autrement.
Ici, on peut remplacer "Rester avec"
Par Aimer.
Par Accueillir.
Par Être présent avec.
Aimer inconditionnellement tout.
Tout ce qui se présente chez moi.
Tout ce qui se présente chez l'autre.
Ça, c'est possible que d'un espace de Présence.
Présence qui ne cherche rien.
Présence qui accueille tout.
Présence qui n'a pas de préférence.
Présence, faisceau de conscience pure.
Vivre cette présence, c'est beaucoup plus facile dans certains contextes.
Quand je suis seul en nature.
Quand je suis un à un avec aucun objectif d'aller quelque part avec la personne.
Quand les autres vivent aussi cette Présence.
Dès qu'il y a un temps limité pour atteindre quelque chose,
Qu'il a un souci de performance,
Que la peur en lien avec le sens de ma valeur embarque,
Tout ça débarque!
Comment rester avec tout ça dans le milieu professionnel?
Comment rester avec tout ça avec ma famille?
Comment rester avec tout ça quand les enjeux relationnels sont grands?
Bref, comment rester avec tout ça quand le risque est grand ou que la sécurité est limitée?
Quand je me permets de ralentir, ça me permet de ressentir!
Comment ralentir dans une société où tout va vite?
Où tout va de plus en plus vite!
Ralentir, acte de résistance?
Puissance de l’intention
Avant de débuter la retraite, je me suis isolé quelques instants dans la forêt pour laisser émerger mes intentions pour cette retraite. Voici ce qui est émergé :
- La joie!
- Respect du rythme et courage.
- Être avec ce qui est.
- Ouverture.
- Connexion. À moi. À plus grand. À l’autre.
Quelle puissance les intentions! J’ai l’impression que j’ai vraiment touché à tout ça durant la semaine. J’écris ça et je me sens choyé d’avoir eu le privilège de vivre ça.

Présence et posture
Dans les clés de la CNV, il y a de ralentir pour goûter à plus de Présence et s’assurer d’une juste posture (intérieure). Et bien, la vie étant bien faite, je me suis offert les conditions parfaite pour me permettre (ou forcer) de vivre ça.
Après avoir aidé des amis à déménager le vendredi précédent, je suis arrivé à la retraite avec un intense mal de bas du dos. Pour ne pas trop avoir de douleur, je devais être ultra attentif à ma posture et mes mouvements à chaque instant, m’obligeant à ralentir pour éviter les « coups de poignard » dans le bas du dos. Malgré cette dérangeante douleur, je suis vraiment reconnaissant de l’enseignant que ça a été pour moi à ralentir et être à l’écoute de mon corps. Enseignant à me mettre des limites et respecter mon rythme aussi.
À chaque instant, mon rythme est légitime.
Quelle vie je choisis?
Un petit texte qui émerge quand je repense au premier bloc de l’atelier.
Je choisis la simplicité de la technologie?
Ou je choisis la connexion au sacré de la vie?
L'apparente sécurité de la technocratie?
Ou le lien, la communauté et la compagnie?
Par le transhumanisme, repousser la mort?
Ou vivre pleinement avant de laisser mourir ce corps?
L'insatiable divertissement?
Ou la plénitude de l'instant?
Le confort, la réussite et la stabilité?
Ou la joie de l'évolution et de la spontanéité?
Toujours plus de connexion au virtuel?
Ou connexion à la conscience universelle?
Quelle vie je choisis?
Je choisis l'isolement, la déconnexion et l'anxiété?
Ou je choisis le lien, le courage et la maturité?
Mon choix est fait!
Bien que ce texte soit très dichotomique et illustre la dualité entre deux postures, bien sûr tout n’est pas noir ou blanc. Choisir une direction, ce n’est pas le rejet complet de l’autre.
Ego et identification
Un des sujets qu’on a abordé, c’est de parler de l’ego. Cette capacité de notre mental à nous créer une identité (ça c’est ma tentative de résumer c’est quoi en quelques mots, MA tentative à moi!). Et cet ego, il s’attache facilement à des étiquettes. Si je ne réussis pas à me désidentifier de ces étiquettes je peux rester pris dans une boite bien étiquettée! (J’ai parlé de cette boite plusieurs fois dans ce blogue déjà, notamment à la fin de cet article sur le deuil.)
Quelques étiquettes à rester vigilant pour ne pas m’enfermer trop souvent dans ces boites!
- Un québécois.
- Un écologiste/biologiste.
- Un homme, avec les conditionnements associés aux hommes et au patriarcat.
- Quelqu’un de spirituel. Sur le chemin de l’évolution.
- Quelqu’un qui a beaucoup de connaissances.
- Quelqu’un qui a de l’argent, qui est socialement privilégié.
- Quelqu’un en santé.
- Quelqu’un qui est rigoureux, organisé, à l’écoute, aimant, poli, etc.
- Croyance que je ne suis pas assez tel quel.
- Croyance que j’ai peur de déranger et vaut mieux rester inaperçu.
- Croyance que l’intensité c’est dangereux.
Et vous, vous avez des étiquettes pour lesquelles vous avez de la difficulté à prendre de la distance?
Liberté d’exister
Un des exercices que j’ai particulièrement apprécié consistait à goûter à l’énergie d’un besoin dans le plein. L’énergie de vie qui est toujours là en moi et à laquelle je peux choisir de me connecter. Toucher à ce qui deviendrait possible si ce besoin était complètement comblé. Voici le petit texte en écriture automatique que j’ai écrit à la suite de ce puissant exercice :
Et si je me sentais libre d'exister dans tous mes liens?
Légèreté, envie de danser.
Fluidité, plus le poids de bien faire.
Juste exister. Vivre l'Amour.
Vivre la profondeur des liens.
Vertige devant tout l'amour, toute l'intensité de la vie qui nous traverse.
Et en même temps déposé.
Rien à chercher. Rien à prouver.
Juste à exister, jouer, rire, chanter, danser. Vivre!
Joie!

Ralentir pour mieux connecter
Le titre de cette section, je pourrais l’écrire pour de multiples contextes durant cette retraite!! Ici je l’applique à la marche consciente en nature.
Ayant mal dans le dos, mon corps ne m’autorisait pas à marcher rapidement. J’avais aussi choisi de marcher pieds nus pour plus de connexion. J’avais de la difficulté à suivre le rythme du groupe. Pour la dernière proposition, qui était de connecter aux végétaux, aux animaux, à la nature avec tous mes sens, j’ai fait le choix de vraiment écouter mon rythme et de ne pas essayer de faire un peu plus vite pour suivre les autres.
Cette lenteur m’a vraiment permis de goûter à plus de connexion avec la subtilité énergétique des êtres m’entourant. À un moment, j’ai failli mettre le pied dans des crottes de cerf. J’ai l’impression d’avoir connecté avec l’esprit de l’animal. Quelques pas plus tard, je tourne la tête subitement et ça a pris quelques secondes de focus pour que mes yeux voient ce que j’avais perçu autrement… un cerf en train de me fixer à une dizaine de mètres. Nous nous sommes regardé dans les yeux sans bouger pendant plusieurs longues minutes.
Je l’ai remerciée, puis j’ai repris lentement le mouvement et elle aussi a continué sa vie doucement.
Quel cadeau la connexion avec ce qui est dans l’instant!
Sortir de la « politesse »
La CNV nous invite à être l’écoute de soi et de l’autre. Ici, je ne parle pas d’une écoute mentale qui cherche à décortiquer, analyser et comprendre. Non, davantage une écoute intuitive qui cherche à se relier. Comprendre en se mettant à la place de l’autre. Et de cette posture de Présence, d’écoute intuitive, laisser éermger ce qui est vrai pour moi et oser me nommer.
Je peux voir comment ça peut être difficile pour moi d’oser me nommer pleinement. Je vois vraiment le conflit entre attachement et authenticité dont parle Gabor Maté dans sont livre « The Myth of Normal ». En très synthèse, il dit que pour être acceptés, nous sacrifions souvent notre vrai moi, ce qui engendre des tensions internes et des troubles physiques.
Autrement dit, il y a des parties de moi qui se coupent de l’authenticité profonde pour obtenir la validation, l’approbation. Un élément important qui a été nommé en formation, à me rappeler et à accueillir :
Être authentique, ça va déranger du monde!
Une des citations qui a été nommée et dont j’ai envie de me rappeler aussi, c’est la suivante :
Make new mistakes every day.
Danny Meyer
Oser faire des erreurs pour apprendre! Ça demande de prendre des risques et d’assumer que ça sera pas toujours bon du premier essai!
D’ailleurs, pour un des exercices, on nous a demandé d’écouter l’autre, le plus possible avec notre intuition et de faire des reflets empathiques riqués. Risqué dans le sens que notre mental peut ne pas comprendre, qu’a priori, ça ne semble pas avoir de lien avec ce qui a été dit. Le fait qu’on me demande à prendre des risques et que je m’y autorise, a fait en sorte que je me suis vraiment relié à ce que l’autre vit dans son expérience corporelle et émotionnelle et j’ai offert des reflets à partir de cet espace. Des reflets beaucoup plus puissants et ajustés que si j’avais essayé de performer.

Performance et Présence incompatibles?
Mon système nerveux a été bien régulé pour la majeure partie de la retraite et ça s’est fait ressentir sur ma qualité de Présence a été particulièrement accessible et vaste.
Je dis « majeure partie de la retraite » parce qu’il y a deux moment en particulier où ça n’a pas été le cas! Quels sont les éléments qui m’ont sorti de cette qualité de Présence?
- Un désir de performance,
- accentué par un temps limité,
- et un désir de bien réaliser la tâche attribuée.
- Et aussi d’être « assez bon » aux yeux des autres (parce que là on était en groupe, plus en duo). Tsé vouloir obtenir la validation de mes pairs!
Ça m’a fait voir à quel point la posture intérieure peut basculer rapidement lorsqu’il y a une tâche à accomplir avec des attentes de résultats dans un temps limité. L’identification à mon mental et ma partie performante est presque instantanée dans ces cas!
Tout ça me pointe vers des ingrédients et des moments où être particulièrement vigilant si je souhaite rester en Présence. À voir comment je peux élargir progressivement ma capacité à faire coexister une certaine performance avec la Présence! Si vous avez des trucs, je suis preneur, laissez moi des commentaires!
Sexualité = tabou
Une des soirées de discussion optionnelle était sur le thème de la sexualité. La plupart des participants étaient présents, témoignant de l’intérêt et de la nécessité d’avoir plus d’espace pour aborder ce sujet tabou qu’on n’ose souvent peu discuter, même entre amis.
De réaliser à quel point les gens sont gênés d’aborder ce sujet, même au sein de leur couple, ça me donne envie de partager davantage sur ce sujet vulnérable. Je n’ai pas vraiment osé jusqu’à maintenant. Dnas mon système, ça me semble vulnérable et risqué, et en même temps important et nécessaire!
Parrhésie : oser dire la vérité, même lorsque c’est risqué
Un nouveau mot! Pour un concept que j’ai quand même beaucoup pratiqué dans les dernières années. Et je vois qu’il y a encore des situations où le risque me semble trop grand.
Trucs qui pourraient être soutenant pour moi sur le chemin vers la parrhésie :
- Clarifier les besoins qui seraient nourris si je me nomme.
- Clarifier ce que je perds (ce qui n’est pas nourri) si je ne parle pas.
- M’offrir des pratiques de conversation difficile avec des partenaires bienveillants.
- Auto-empathie et/ou empathie avant et après la conversation difficile.
- M’imaginer une courbe d’exposition où je m’arrange pour avoir des succès, dans le respect du rythme en prenant en considération ce que le système nerveux est prêt à prendre. Avec humilité et bienveillance!
- Oser demander du soutien de type facilitation ou médiation pour des situations particulièrement pimentée.
Chaque fois que j’ose m’amener en vérité, je grandis!

Rituels de clôture
Déjà la fin de la retraite. Pour bien intégrer on a eu droit à plusieurs propositions vraiment émouvantes pour toucher à tout le sacré de ce qu’on a exploré durant la semaine.
Tout changement commence par la célébration de ce qui est.
Jean-Philippe Bouchard
Une des proposition était de faire de l’écriture automatique pour quelques minutes, voici ce qui a émergé :
Qu'est ce que c'est?
Qu'est ce que c'est que j'ai à comprendre donc?
Ça existe. Oui oui! Ça existe!
Quoi donc?
Vivre l'amour. Vivre!
Être vrai. Être authentique.
Ça existe dans la lenteur, dans le ressenti, dans le vibratoire, le connecté, l'au-delà du corps, la mélodie, la magie de la Vie à l'oeuvre.
Wow. J'ai envie de Vivre. Vivre l'Amour. Avec un grand A.
L'Amour. Ici. Maintenant. Tout le temps.
C'est tout le temps là. Comme le soleil! Parfois caché par des nuages, parfois de l'autre côté du globe. Et toujours là!
L'amour est toujours là!
Qu'est ce que je choisis?
Je choisis de m'y connecter!
De la laisser m'envahir, vibrer au-delà de ce corps physique.
Merci la Vie! Merci à moi.
Dans une autre proposition, on avait à connecter avec nos aspirations et en choisir une. Celle qui a émergé pour moi : AMOUR! Vibrer l’amour en interdépendance avec des alliés, amis, partenaire de vie, famille. Et en dessin, ça a donné :

Intégration
Durant le rituel de clôture, j’étais déçu du peu de temps alloué pour l’écriture automatique, il y avait tant qui voulait s’écrire après tant d’expériences, de rencontres, d’apprentissages! Un besoin d’intégration! Le prochain pas que j’ai choisi pendant le rituel a donc été d’aller m’asseoir dans la forêt après la fin de la retraite et de continuer l’écriture automatique! Voici ce qui en a émergé :
Voilà! La retraite est terminée!
La vie "normale" recommence.
Qu'est-ce qui recommence?
Ne pas me sentir en sécurité d'exister pleinement?
Comment je peux m'offrir plus de sécurité dans ma vie?
> Des alliés bienveillants!
> Du temps consacré à me rappeler qui je suis vraiment pour cultiver le courage d'exister!
> Un plan - stratégie progressive d'exposition.
Je le fais déjà depuis le début de mon parcours CNV! Combien de discussions inconfortables j'ai osé avoir? Tout plein!
Plein d'autres à venir! Dans la joie d'exister! D'Être vivant.
Que la vie vive! Vive la vie!
Là! Làche prise à bien écrire.
Laisse toi juste aller dans l'instant.
Inspiré par la paruline couronnée et la mousse sur les rochers.
Ça y est! J'y suis! Exactement où je veux être. À vibrer l'Amour.
AMOUR!
Émerveillé par la connexion à la Vie.
Prêt. Oui! Je suis prêt!
À partager cet amour!
Où es-tu chère partenaire?
Je vois ce qui s'agite, ce qui cherche quand j'écris ça.
Comme les maringouins qui me tournent autour... des pensées qui veulent mon attention.
Suis-je prêt à partager mon Amour aussi avec les maringouins?
Me détendre! Devenir tendre.
Tendresse incarnée
Sensualité enveloppée.
Amour accroche-porte.
Où tu vas, tu es.
Merci Jon Kabat-Zinn!
Méditer!
10 ans écoulés depuis la fin de la relation avec Véronique.
Ici, j'en rencontre une autre. Incarnation dans une femme de la vibration que je souhaite rencontrer.
Femme vivante! Vibrante!
Incarnation de la joie!
Sensuelle et sexy.
À mes yeux à tout le moins.
Belle et émotive.
Impression de se connaitre.
Simplicité d'exister.
Simplicité de partager.
Échanges nourrissants et vibrants.
Amour naissant, grandissant.
Intelligente et intuitive.
Connectée et aimante.
Maman de nos enfants.
Magnifique projet surprenant.
Conflits, oui, pu d'harmonie à tout prix.
Rupture and repair.
Profondeur de la connexion.
Profondeur de la confiance.
Connexion en profondeur.
Confiance profonde.
C'est beau ce que nous co-créons.
Deux êtres merveilleux rassemblés.
Deux êtres magnifiés.
Interdépendance dansante.
Que c'est beau la valse de la Vie.
Dans mes bras, dans tes bras.
Complémentarité, complétude.
Plénitude d'instant en instant.
Amour vibrant individuellement.
Amour vibrant relationnellement.
Amour vibrant collectivement.
Amour vibrant. Tout simplement.
Je suis là. Je suis prêt!
Je relis ce texte et vois en moi ce qui aimerait le modifier, l’expliquer, le justifier. Et je vois ce qui tient à le laisser tel quel, sinon… ce n’est plus de l’écriture automatique!
Échos
J’ai envie de lire ou d’entendre les échos de vous qui me lisez. Ça nourrit vraiment le sens, l’appartenance, la contribution et la communauté que de pouvoir échanger avec vous!
Et vous qu’est-ce qui vous aide à « rester avec » quand vous retourner dans le monde?
Rester avec le niveau de conscience.
Rester avec les apprentissages.
Rester avec la qualité de Présence.
Lorsque se termine la retraite!