Je me sens en jachère cette semaine. Je me permets le repos.
Et je vois ce qui grince en dedans. Je vois combien ça aimerait que tout soit décidé, organisé, en mouvement. Je vois les pensées du genre :
- T’aura jamais assez d’un an pour vivre tout ce que tu veux vivre.
- Tu perds ton temps, embraye!
- Si tu veux quelque chose dans la vie, il faut que tu te mettes en action.
- Si tu sais pas où tu t’en va, il ne se passera rien d’intéressant dans ton année.
Et je vois aussi le désir de respect du rythme, de repos, de lenteur, de jeu. Ne pas brusquer les choses. Comment trouver l’équilibre entre l’être et le faire? Comment laisser coexister la conscience, la présence et l’action. Parfois, je me demande où est mon discernement. Est-ce faire preuve de discernement que de ne pas le chercher quand il ne semble pas de la partie?
Et tout au fond, je commence à sentir la vie qui germe.
Et tout au fond, je sens la vie qui veut vivre.
Dans le fond, créer de l'espace permet à cette vie d'émerger.
Émerger d'un espace reposé, déposé.
Pas d'une peur de ne pas faire assez.
Pas d'une peur de manquer quelque chose.
Pas d'une peur de ne pas être assez.
Pas d'une peur d'échouer.
Quel est le vivant de l’instant? Vers où la vie qui émerge en moi a envie de pousser? Je lui laisse l’espace et l’accompagne (même si je ne comprends pas mentalement) ou bien je la freine et je fais ce qui « devrait » être fait?
Texte écrit originalement le 20 avril 2024.