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CNV : Deuil et célébration

Un article pour me rappeler et partager les perles de sagesse de mon dernier bloc de formation en communication non violente (CNV). Il s’agit du 5e et dernier bloc de formation de la 3e année d’intégration avec Conscientia. Le thème de ces 3 jours de formation : Deuil et célébration.

Le deuil

Probablement un des thèmes les plus importants de la formation. Le deuil se vit lorsqu’il y a une perte, un changement, qu’il soit réel ou perçu. Le deuil est un processus vivant qui permet d’évoluer vers un état régulé lors d’une perte. Il s’agit de l’accueil de ce qui est, de la conscience de l’écart entre ce que je souhaite et ce qui m’arrive.

Et lorsque ça semble difficile, un petit rappel de pourquoi je voudrais vivre des deuils :

  • Pour vivre la paix intérieure.
  • Pour retrouver la vitalité, la joie.
  • Pour revenir dans mon pouvoir.
  • Pour cultiver la résilience.
  • Pour prendre la mesure de ce qui est précieux pour moi.

En résumé, les étapes du deuil :

  1. Déni
  2. Colère, choc.
  3. Tristesse, impuissance,
  4. Acceptation.
  5. Récolte

Plus je nourissais des besoins par la stratégie perdue, plus la profondeur du deuil, de la souffrance sera grande.

Inspiré des mots de Marcelle Bélanger
Dégouté! Jusqu’à maintenant, c’était pas agréable vivre des deuils!

Deuils non résolus

Durant le week-end et depuis, je vois tout plein de petits et grands deuils non résolus. En d’autres mots, on pourrait dire que ça correspond à ce que je n’accepte pas (encore). En voici quelques uns dont j’aimerais bien prendre soin dans les prochains mois.

  • Je n’accepte pas à quel point je me suis laissé tomber dans une relation amoureuse précédente.
  • Je n’accepte pas que certaines de mes décisions puisse avoir des impacts sur les gens que j’aime, que ça puisse leur faire vivre de la souffrance.
  • Deuil que mon année sabbatique avance rondement et que je n’ai pas encore touché à toute la clarté que je souhaitais sur le sens de ma place.
  • Deuil que j’ai appris que les émotions, je dois les cacher, que c’est dangereux de les vivre en connexion avec l’autre.
  • Deuil que j’aurai à travailler sur moi toute ma vie. Je ne serai jamais 100 % « guéri »!
  • Deuil que tout le monde n’aura pas un éveil de conscience dans cette vie-ci.

On ne fait jamais le deuil de nos besoins.
On fait le deuil de nos stratégies.

Le deuil en pratique

C’est bien beau d’avoir une compréhension mentale du processus de deuil, mais c’est vraiment dans la pratique que tout se joue! Il y a tout plein de peurs en moi à l’idée de plonger dans le processus du deuil. Quelques prises de conscience pour moi tirés des exercices sur le deuil :

  • J’ai une peur d’être submergé par l’émotion si je lui laisse toute la place. Que je me noie si je plonge trop profond.
  • Si je ne suis pas prêt à lâcher ma stratégie, c’est que j’ai peur de quelque chose. Il y a un besoin précieux pour moi qui se cache derrière ça.
  • J’ai touché à une partie de moi qui a envie d’être vue pleinement, dans toute l’intensité de ce qu’elle vit. Et j’ai éclaté de rire quand j’ai vu une autre partie qui ne veut absolument pas être vu dans toute mon intensité, qui trouve ça dangereux d’exister pleinement (voir le texte sur la boite plus bas).

On craint souvent ce qu’on souhaite le plus.

Inspiré de Robert Bouchard.
  • Comme écoutant, je vois la partie de moi démunie face à l’intensité de l’autre. Comme si j’avais de la difficulté à me relier au vivant de l’autre quand il y a une si grande souffrance. Quand même pas si étonnant quand je vois ma difficulté à rester avec ma propre souffrance quand elle dépasse un certain degré d’intensité.
  • La résignation est très différente de l’acceptation. L’acceptation est une attitude active, un élan de changement, je reste engagé, à reconnaitre la réalité telle qu’elle est et revenir à la Vie en moi. La résignation peut se vivre comme une perte d’espoir de changement, une perte de pouvoir, coupé de la Vie dans un état de dorsal au niveau du nerf vague. C’est important de prendre conscience quand j’y suis pour pouvoir rebondir.
  • Lors d’un exercice, je devais choisir des exemples où j’ai fait une demande et la personne n’a pas dis oui. Ça m’a fait réaliser que je fais relativement peu de demandes. En tout cas peu de demandes que je sens qui pourraient m’être refusées.

S’il n’y a pas un contenant sécure qui tient la tristesse, la colère, ça peut accentuer la blessure, le trauma. Ce contenant sécure ça peut être une autre personne. Ça peut aussi être la Présence en moi, lorsque je ne suis pas identifié à mes parties.

  • J’ai touché mes besoins de paix, de sécurité dans le lien et aussi mes besoins de douceur, de repos, de respect du rythme.
  • J’ai vu comment c’est difficile de tenir l’espace pour une personne qui vit un deuil en lien avec un refus de ma part alors que j’ai un deuil non résolu par rapport à la même situation. J’ai encore goûté au potentiel de la connexion lorsque j’ose la vulnérabilité.

La majorité des blessures se sont vécues seules. Le réflexe peut être de vouloir revivre ça seul. La transformation se trouve EN RELATION!

La boîte

Durant un exercice, j’ai (encore) vu l’image d’une boite. Cette expérience m’a inspiré l’écriture de ce petit texte.

Intense émotion? Cache moi ça!
C'est pas aimable de montrer ça!
Monte dans ta chambre. Et vis ça seul!
Quand t'auras un sourire, là tu seras pu seul!

Déconnection souffrante. Effrayante.
La solution? Une protection!
Une BOITE!
Pour quand on me dit: Ferme ta boite!

Cette boite, je l'ai bien décorée.
Parce que depuis longtemps j'y ai habité.
Cette boite est maintenant la norme.
Et la perdre génère une peur énorme.

Une boite qui a de multiples effets :
> limite l'intensité de ce que je me permets de vivre.
> limite ma capacité à vivre pleinement la colère.
> limite ma capacité à vivre pleinement la tristesse.
> limite ma capacité à vivre pleinement la douleur.
> limite ma capacité à vivre pleinement la joie.
> limite la profondeur des deuils vécus.
> limite l'énergie à laquelle j'ai accès.
> limite la profondeur des liens avec les gens autour.
> limite l'accès à mon plein potentiel.
> limite combien je me permets de rayonner.
> limite ma capacité à créer la vie à laquelle j'aspire.

Cette boite, une douce illusion qui rassure.
Boite faite de croyances limitantes.
De conditionnements hérités et acquis.
Connexions neuronales bien ancrées.

Cette boite, comment la quitter?
Je la fait exploser?
Peur de me disloquer!
Peur du chaos ainsi créé.

Cette boite, dois-je en sortir?
Je peux d'abord expandre la boite?
Goûter au respect du rythme.
Goûter à la douceur.
Moi découragé.
Tanné, découragé, de cette boite qui limite la Vie!

La célébration

La dernière journée de la formation nous a permis de goûter une fois de plus au pouvoir de la gratitude et de la reconnaissance. Envers soi, envers l’autre, envers la Vie. Je suis ressorti de cette journée avec beaucoup d’espace intérieur, de la joie et de l’espoir. Et beaucoup de gratitude pour tous les cadeaux reçus.

Se dé-couvrir pour vivre l’Amour

En me reliant avec un moment particulièrement mémorable de mon parcours de 3 ans d’intégration de la CNV où j’avais vraiment gouté au pouvoir de l’écoute et la validation par l’autre, j’ai pu reconnecter avec les sensations, émotions et besoins répondus en lien avec ce moment.

J’ai goûté aux besoins de connexion, d’empathie, d’amour, d’espoir, de confiance, de liberté et de légitimité!

Il m’est monté l’image de ponts qui se créent entre des iles. Les iles représentant des personnes autour de moi. Et des ponts de différentes structures, textures, solidité les reliant. Et en plus, je sais nager!

Et une pensée :

C’est possible! Je ne suis jamais seul! C’est en osant me montrer pleinement que je serai rencontré pleinement.

Ce que 3 ans de formation de CNV m’aura appris

Un des exercices qui nous a été proposé, c’est de faire un bilan des apprentissages et surtout de tout ce que m’a permis de vivre mon parcours en CNV depuis le début du parcours d’intégration (en 2020 dans mon cas). Ça a été vraiment riche de voir tout le chemin parcouru, de constater les changements de posture intérieure, de prendre conscience de tous les processus réalisés. Bref, de pouvoir me reconnaitre, avoir de la gratitude pour ce chemin, d’honorer mon courage de persévérer.

Alors, voici quelques unes des prises de conscience ou réalisations de ces trois ans de formation :

Programme en Intégration 1ère année – La relation à soi

  • Ralentir, respirer, ressentir!
  • J’ai des besoins! Ils sont légitimes. J’en suis responsable!
  • Tout le soulagement (vécu comme un relâchement dans le corps) qui se vit quand j’identifie le besoin qui se cache derrière une émotion.
  • Je suis constitué de plein de « parties », p. ex. l’enfant intérieur, l’ado, le général d’armée, etc.

J’ai touché à la Présence. Cet espace d’accueil inconditionnel.

Une des clés de la CNV, ce n’est pas d’apprendre une méthode ou une technique, mais plutôt une question de posture intérieure. C’est de cultiver de plus en plus d’espace pour la Présence en moi.

  • J’ai une partie qui se prend pour la Présence et qui veut régler ça quand une partie de moi vit une émotion inconfortable.
  • J’ai compris ce qu’est un dialogue. Accepter qu’en amorçant un dialogue, je ne sais pas quelle en sera l’issue et qu’une stratégie à laquelle je n’avais pas du tout pensé pourrait émerger!
  • Connect before! La relation est plus importante que le résultat.

Programme en Intégration 2e année – la relation à l’autre

  • Se sentir pleinement écouté (écoute empathique) et légitime dans mes besoins, c’est vraiment puissant et apaisant pour le système nerveux.
  • Je suis responsable de mes besoins.
  • Le respect de mon rythme est légitime.
  • J’ai constaté que je n’avais pas confiance que l’autre a toutes les ressources pour prendre responsabilité de sa vie.

Je comprends de plus en plus comment la majorité des interactions sont basées sur la domination. Je suis en « pouvoir sur » [l’autre ou moi-même] ou en « pouvoir sous ». Et heureusement, j’ai de plus en plus d’outils pour passer en « pouvoir avec »!

  • J’ai vraiment goûté à l’impact de clarifier mes besoins pour exprimer une demande avec assertivité, notamment lorsque j’ai demandé une année sabbatique au travail.
  • Je touche de plus en plus à l’importance de la sécurité pour accéder à ce qui est vulnérable chez moi et chez l’autre. Et j’ai de plus en plus de clés pour vivre et offrir ce safe space.
  • Quand je dis non, je ne dis pas non à l’autre, je dis non à la stratégie, et je dis oui à répondre à mes besoins. Et c’est pareil quand l’autre me dit non.

Programme en Intégration 3e année – la contribution au mieux-être collectif

  • J’ai touché au désir de partager davantage et d’inspirer. Et j’ai créé ce blogue!
  • J’ai touché à un paquet de croyances que je porte et qui teintent ma vision du monde. Et touché à des outils qui peuvent m’aider à les transformer.
  • Les personnes ou groupes que je juge, qui me font réagir cherchent souvent à répondre aux mêmes besoins que moi. Simplement avec des stratégies différentes avec lesquelles je ne suis pas d’accord.
  • Le besoin d’empathie est souvent le premier besoin lorsque quelqu’un s’exprime. Et quelqu’un qui a un besoin d’empathie ne peut pas m’entendre. Et si c’est moi qui en a besoin, difficile d’en offrir à l’autre!

Je comprends de plus en plus l’importance d’un système nerveux régulé. Et je constate avec surprise à quel point la proportion des gens avec un système nerveux régulé est grande (80 % selon certains experts). Et aussi comment dans les dernières années mon système nerveux a été constamment dérégulé. Et qu’il est de plus en plus régulé cette année!!

  • Je prends conscience de plus en plus que je porte plein de ressources en moi et que je suis entouré de plein de gens bienveillants. Et j’ose de plus en plus demander du soutien!
  • Comment je perçois le monde et ce que je vis dans le monde est souvent le reflet des dynamiques dans mon écosystème intérieur.
  • Je touche à l’importance du processus de deuil et comment je ne savais pas vivre ça vraiment.
  • Je touche de plus en plus au processus d’intégration de la CNV comme un chemin de transformation personnelle, comme un chemin spirituel que je marche pas à pas au quotidien. Une interaction à la fois. Un dialogue à la fois.

Gratitude pour ce chemin riche! D’avoir osé aussi aller chercher plusieurs autres outils et demandé du soutien pour complémenter et approfondir de plus en plus la conscience de moi.

Moi fier du chemin parcouru.
Fier du chemin parcouru. D’être l’homme que je suis, avec toutes mes couleurs. Sur le chemin!

Un mot-valise pour résumer mon parcours : Dé-couvivre. Me dé-couvrir pour mieux vivre, pour apprendre à vivre! Me découvrir comme dans apprendre à me connaitre, toucher mon essence. Me dé-couvrir comme dans oser montrer ce que je vis, ce que je suis, oser la vulnérabilité, oser faire des demandes authentiques pour être en lien avec moi et l’autre, et vivre de plus en plus ce que j’aspire à vivre.

Et vous?

Suis-je le seul à avoir l’impression de ne pas avoir appris à vivre des deuils? Est-ce facile pour vous?

Vous avez aussi des deuils non résolus que vous auriez avantage à vivre pour laisser de la place à vivre vos aspirations profondes?

Cet article a 2 commentaires

  1. André

    Wow! Je vais quand même y aller avec quelques jugements, mais je vais aussi te partager ce que te lire me fait vivre: Wow!! Quel beau texte. Tu as vraiment un talent pour l’écrirure! C’est un beau résumé du chemin parcouru et des prises de conscience / apprentissages durant ces trois années.
    Ça résonne beaucoup avec moi, mon propre chemin parcouru durant ces trois années.
    Je suis inspiré par ton partage et « l’image de la boîte ». Je nous encourage à sortir de nos enfermements et à vivre en suivant notre élan, en osant!
    Bravo et encore merci!
    Restons connectés!
    Et bon voyage en Asie!!

  2. Hélène Tremblay

    Merci pour avoir partager toutes ces perles! C’est beau de voir ton évolution! En plus, tes textes me permettent d’intégrer encore de plus en plus ce cheminement sur l’éveil de conscience.

    Je te vois déjà animer des groupes, créer avec d’autres êtres humains de belles rencontres et découvertes! Tu as tant à offrir et à accompagner!

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