Ce matin, en semi-sommeil, j’ai pris mon dictaphone et enregistré ce qui avait envie d’être entendu en lien avec plusieurs expériences des dernières jours. En cette période de Samhain, je vis du deuil!
Je vous livre ce texte en toute vulnérabilité, pas retravaillé, et écrit d’un espace où je ne me sens pas encore en paix avec tout ça. Pour laisser une voix à ça. Pour oser être vu aussi dans des moments où c’est plus sombre, confus, éparpillé. Ça existe aussi. Ça fait aussi partie du chemin!
Il y a des femmes magnifiques qui se sont intéressées à moi,
Qui avaient envie d'être avec moi.
Et moi j'ai dit non.
Dit non à une relation, à une exploration.
Il y a de la colère!
D'avoir dit non.
De s'être privé de ça.
De les avoir privées de ça.
De leur avoir imposé un deuil.
De m'être ajouté un deuil,
Et de ne pas l'avoir vécu vraiment.
Je vois comment c'est encore vivant.
Je recroise ces femmes, toujours aussi magnifiques.
Il y a beaucoup de tristesse.
C'était au nom de créer de l'espace pour me retrouver seul.
Être avec "LA bonne" femme pour moi.
Oser ME choisir.
Je vois que je me retrouve seul, me sens seul.
Aaaaah!
Qu'est-ce qui me drive?
L'ado [en moi] voudrait être avec une femme.
Vivre de la sensualité, de la volupté!
Toucher, succer, lécher, caresser.
Pénétrer, prendre.
Faire sien, garder pour soi, ne pas partager.
Embrasser, frencher, dévorer!
J'écoute la partie [en moi] raisonnable, réfléchie.
Qui voit ça.
Qui voit comment, dans le passé, écouter l'ado ne m'a pas servi.
Avoir choisi d'être en lien au nom de la reconnaissance,
Au nom de la validation extérieure,
Au nom de "l'amour facile".
L'impression d'avoir été piégé.
De m'être trahi.
À dire oui à ce qui au fond convenait à l'ado mais ne convenait pas au reste [de mon système intérieur].
Je me suis oublié pour le lien.
Je me suis oublié au nom de la relation.
Pour aller chercher cet amour, reconnaissance, connexion.
Cette chaleur humaine!
Aaaaah! J'ai envie de transcender ça.
J'ai envie d'avancer ensemble!
L'enfant [intérieur] en lien avec un adulte sécur.
L'ado, aussi en lien avec un adulte sécur!
Qui pourrait explorer autant qu'il veut,
Dans un cadre, avec des limites qu'on pose, ensemble.
Des limites de ce qu'on a envie de vivre.
Des limites qui sont saines, pour moi, pour nous.
Beaucoup de deuil!
Deuil de ces femmes magnifiques à qui j'ai dit non.
De ce que je me prive,
Pour être en lien avec moi,
Pour créer du lien avec moi,
En tout cas, espérer en créer.
De voir que j'évite ce sujet.
Que je m'éparpille.
En même temps, voir toute la pression que je me mets à évoluer.
Toute la pression que je me mets à être différent. À être meilleur.
À être assez. Pour être aimé.
Alors qu'il y a déjà tant pour être aimé!
Je suis aimable.
Même si j'ai la difficulté à le voir, encore.
Et je suis aimé.
Et j'ai de la difficulté à le recevoir.
Ça crie [à intérieur] quand je dis ça.
Ce que j'ai le plus envie, est ce que j'ai le plus peur.
Rayonner mon essence, ma lumière, mes couleurs...
Et être aimé exactement pour ça!
Être aimé exactement comme je suis!
C'est aussi courir le risque d'être "rejeté" exactement pour ce que je suis.
Et être rejeté, c'est vraiment souffrant!
J'ai l'impression d'avoir rejeté plusieurs femmes.
De les avoir fait souffrir.
Et ça, ça me brise le coeur.
De les voir souffrir.
Je vois l'impact de mes choix sur elles.
Au fin fond, suis-je vraiment prêt à ouvrir mon coeur?
Est-ce que j'ai pris le temps de soigner, prendre soin des cicatrices, des blessures sur ce coeur?
Comme si je vois que je ne me suis pas vraiment offert l'espace d'honorer toute la douleur liée à ces relations amoureuses terminées,
Liée à ces relations qui ont évoluées.
Je ne me suis pas encore permis de pleurer toutes les larmes.
Quand je constate l'écart entre ce que j'ai vécu dans le passé et ce que j'aurais voulu vivre.
La colère aussi.
Ce que j'aurais voulu amener, proposer et ce que j'ai réussi à amener
En terme de limites, en terme de respect de moi, de me prioriser.
Accueillir que c'était ça que j'avais à expérimenter.
Que c'était ça mon rythme.
Que ces expériences là me permettent d'apprendre, d'avancer.
Pour bien avancer, pour m'ouvrir, pour avoir l'espace de vraiment ouvrir mon coeur
Je sens qu'il y a encore des blessures à prendre soin.
J'ai pu envie de vivre ça seul.
Est-ce que c'est possible de vivre ça en relation?
Ou est-ce que c'est quelque chose que je dois encore m'isoler pour prendre soin?
Comme un grand! Dans ma chambre. Dans ma boite.
Et ressortir quand je serai prêt.
Comme la chenille qui rentre dans sa chrysalide?
Je sens qu'il y a un seuil, un passage qui s'en vient.
Quelque chose à traverser.
Avec un éclairage différent de l'autre côté.
Seeing with new eyes [référence au travail qui relie]
Prenons soin!
Pour ceux et celles qui m’auront lu jusqu’ici, ça vous fait quoi de me lire?
Tout est possible.
L’importance dans une relation, selon moi c’est l’authenticité, l’ouverture et le respect. S’ouvrir et se laisser aimer tel quel, ça prend du courage qui nous manque souvent après des relations qui n’ont pas fonctionné. La question est donc suis-je prêt à prendre ce risque? Le risque d’exposer la vulnérabilité de son cœur avec les ombres et la lumière, dans toute ses nuances. Et surtout serais-je reçu avec bienveillance, respect et amour que je mérites?
Et c’est aussi possible que le besoin soit de prendre soin seul afin de mieux toucher à l’amour de soi avant l’amour en relation.
Possible aussi qu’il doit y avoir un espace de connexion, de découvertes, un espace de transition avant la relation.
Possible que c’est plutôt le moment de t’isoler en toi afin de faire l’espace nécessaire d’accueillir une relation avec des limites qui ont le droit d’évoluer. De toucher à la compréhension de la communication non violente avec soi avant tout pour ensuite mieux le vivre avec l’autre. S’accepter et s’honorer dans l’apprentissage de l’Amour.
Tout est possible!
La page est blanche, à toi de choisir ce que tu a envie d’y dessiner et avec quelle nuances
Seigneur, quel texte percutant. Merci de t’être livré ainsi, en toute vulnérabilité, tel que les mots sont venus, sans les retravailler. C’est hyper bien articulé déjà. Et tout à ce dont tu touches ici pourrait ouvrir sur plus, sur les grands territoirs intérieurs de ton être et ses besoins, ses peurs, ses shémas, sa force, sa lucidité, sa fragilité, sa clairvoyance. Je veux dire, tu déposes si bien ce tumulte en toi, et tant encore pourrait être compris, appréhender. Je ne prétend pas tout saisir, et justement, la merveille est là, car tu dessines si bien les contours de cet espace nu, raw. J’ai envie de dire que c’est profondément invitant.
Je sens que ce texte est précieux. Un joyaux brute à honorer, apprivoiser, regarder bienveillament, explorer, tendre la main, revisiter encore et encore, à la lueur douce de l’accueil et du regard vrai, tendre, sincèrement curieux. Le tient, celui d’une autre femme, le regard qui tend, qui s’impreigne, qui pénètre, qui est invité, qui ose, qui reste, qui goûte, qui offre, qui joue, qui délie, qui relie, qui tisse, qui embrasse.
Oreilles galactiques, pupilles stellaires, être bercé, reçu, vu, senti dans les inter-mondes sacrées, dans ces interstices du devenir, entre vide, terreur et plénitude.
C’est beau. C’est porteur.
Merci d’inspirer. De montrer. De révéler. D’inviter. D’initier. De t’agenouiller. De faire de ta vulnérabilité un autel.
Merci EsTerre de me voir et de m’accueillir dans toutes les couleurs de ce que je partage.
Ton commentaire m’a motivé à me relire et je vois qu’un an plus tard, plusieurs éléments résonnent encore.