Thailande : l’arrivée

J’ai moins l’élan de partager de longs articles sur ma tablette. Je préfère écrire sur du papier ici! Alors quelques perles et prises de conscience en vrac pour me rappeler ce que je vis et vous le partager.

C’est plus complexe que je pensais d’ajouter des photos. Alors vous en aurez peut-être ou peut-être pas. Pas maintenant en tout cas!

Tensions

Beaucoup de tension entre le désir de prendre le temps, de me reposer et le désir de ne rien manquer (FOMO). Un deuil à vivre que je ne pourrai pas tout faire et tout voir. J’ai des choix à faire!! Et faire des choix conscients nécessite que je ralentisse.

Difficile de ralentir et de me centrer dans le tourbillon incessant de stimuli. Je suis encore en résistance à la quantité de touristes. Ça fait plusieurs années que je n’avais pas voyagé et j’avais un peu oublié ce que c’était. En saison haute en plus. Parfois les dizaines d’hôtels, hostels et guesthouse de Pai sont pleines et c’est un petit village. Il y a sûrement beaucoup plus d’étrangers que de locaux ici. Bref, une belle pratique d’accueil et d’acceptation de ce qui est à m’offrir!

Comme l’automobiliste qui peste contre le trafic alors qu’il est le trafic, je peste contre le tourisme de masse alors que je suis le tourisme de masse!

On dirait une ville d’ados! Toute une gang de jeunes qui viennent de partir de la maison et qui découvrent la liberté. Sex, drug and rock’n’roll! And motorbikes, and partys and spiritual bypassing. Il y a une partie de moi vraiment en résistance! Ce jugement que je porte, ça parle de moi qui n’a pas vécu mon adolescence comme ça? Moi qui a de la difficulté à vivre du plaisir et faire le party?

Sens de ma place

Encore difficile de trouver le sens de ma place dans tout ça. Je vois ce qui, en moi, a envie d’appartenir, de faire partie de la gang. Et je vois comment je m’isole moi-même, comment je n’ose parfois pas aller vers l’autre. Je vois comment ça prend de la sécurité intérieure pour sortir de ma zone de confort (élargir ma boîte)!

Je me vois écrire ça et j’ai envie de m’offrir de la compassion. Je me juge sévèrement. Je ne vois que ce qui pourrait être mieux. J’ai de la difficulté à voir tout ce que je fais déjà! Je voyage seul dans un pays à l’autre bout du monde où je commence à peine à comprendre la culture, comment ça fonctionne ici, 2-3 mots thai seulement, à 12h de décalage horaire. Et excepté depuis hier, j’ai été que dans de grosses villes peuplées et intenses en bruits, activités, stimuli. Et même au Québec, j’ai de la difficulté à me sentir bien dans de tels environnements!

Ici, la majorité des touristes se louent une moto. Il y a des motos partout, c’est un peu chaotique. Et je n’ai jamais conduis une moto. Je me sens étranger dans cet univers d’étrangers! Est-ce que ça fait de moi quelqu’un qui a moins de valeur? Je suis triste de vous écrire qu’une partie de moi se dit que oui. C’est ça que je suis venu chercher ici? Le sens de ma place, de ma valeur? Comprendre dans mes tripes que je suis assez. Aucun comparaison nécessaire avec les autres ou avec ce que je pourrais être. Accepter que ce que je suis, ici et maintenant, est aimable. Point!

Danser l’inter-dépendance

Je suis venu ici à Pai parce qu’il y a un atelier qui m’a attiré. Ça commence ce soir! C’est un atelier de danse Contact Improvisation. Et comme je suis débutant dans cette pratique, il y a là encore du questionnement sur le sens de ma place. Réussirai-je à être à l’écoute de moi et de l’autre, être en Présence avec ce qui émerge dans le nous? Réussirai-je à lâcher prise sur le contrôle et l’anticipation du futur pour revenir pleinement vivre dans le moment?

Il y a de l’espoir en écrivant ça que je trouve des pistes pour mieux voyager. Apprendre à m’abandonner un peu plus au moment présent et à ce qui est, sans essayer de tout contrôler et de tout prévoir pour me sécuriser. Cultiver la confiance en mes capacités. Je vois quand même comment le contrôle est une stratégie mise en place dans mon système intérieur pour éviter de me retrouver figé devant un danger. Danger souvent relationnel, souvent peu rationnellement réel.

Et maintenant, je m’offre les prochaines heures avant mon atelier pour méditer là-dessus. M’offrir du soin pour créer du lien avec ce qui a peur en moi. Et oser y aller malgré la peur. D’un espace où je tiens ce qui a peur par la main plutôt que de lui donner un coup de pied au cul!

Ce qui ressort de cette méditation :

Je vois combien ma résistance à ce qui est reflète ma résistance à ressentir ma propre souffrance, reflétée en grand par la souffrance que je perçois chez les autres.

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