6h du matin
Je pars aujourd’hui! Je quitte le connu, les amitiés, le français, le froid. Petit deuil de ne plus avoir accès aussi facilement à mes stratégies préférées pour répondre à mes besoins de connexion, d’affection, de chaleur humaine.
Je suis surpris par le peu de stress dans mon système à l’aube de ce départ. Une des choses que m’aura appris mes derniers mois, c’est de faire confiance que j’ai tout ce qu’il faut pour survivre, même s’il n’y a pas « tout ce qu’il faudrait » dans mon sac! Capacité d’adaptation et de lâcher prise sur ma capacité à tout prévoir. Ça me permet quand même de voir comment ça a été un mécanisme de survie que de prévoir tout ce qui pourrait arriver pour ne pas me trouver pris au dépourvu. Pour ne pas me retrouver figé devant une scène inconnue car jamais vécue en réel ou en scénarios mentaux!
Il y a de l’excitation et de la fébrilité ce matin. Ça commence à goûter l’aventure! Mon amie est partie avec ma voiture, mes choses que je n’apporterai pas sont entreposées. Il ne reste que moi et mes 2 sacs à dos. Je passe de vivre avec ce qui entre dans une Fit à vivre avec ce qui fitte dans un sac à dos. 48 L pour 3 mois de voyage dans l’inconnu en solo.

10h30
Je suis dans l’autobus vers Montréal. Mélange d’excitation, de gratitude et de nostalgie à voir les paysages sherbrookois défiler. Gratitude de pouvoir m’offrir cette riche expérience qui s’en vient! Gratitude aussi pour les mots et cadeaux que je reçois de plusieurs amies ce matin (et dans les derniers jours). Amies qui prennent le temps de souligner mon départ, de me célébrer et reconnaître. On souligne entre autres la sécurité que j’apporte dans la relation. Et ça me fait voir que c’est ce que j’ai envie de m’offrir durant mon voyage… de plus en plus de sécurité intérieure!
Je repense à mon dernier voyage il y a presque 7 ans. J’avais écouté Wonderwoman dans l’avion et ça m’avait fait réaliser que l’amour gagne sur la peur. J’avais alors une intention de vivre l’amour de moi. Et là je touche plus à l’intention que la sécurité soit assez grande pour accueillir les peurs. Les peurs sont légitimes. Elles ont leur raison. Elles ont quelque chose à me communiquer. Je peux les entendre, les accueillir et y aller quand même.
La peur la plus présente en ce moment c’est la peur d’être seul.
Et c’est exactement cette peur que j’ai envie de rencontrer, d’apprivoiser, d’entendre et d’aimer. D’être assez à l’aise avec cette peur pour oser être de plus en plus moi-même, exister dans toutes mes couleurs, rayonner, oser déranger et déplaire. Et éventuellement vivre une relation amoureuse épanouissante avec une femme formidable avec qui je peux vivre de la peur et quand même oser exister pleinement en sécurité!
J’écris ça et je vois aussi la pression qu’une partie de moi se met à vivre ça. Une certaine attente de revenir transformé, d’avoir en quelque sorte « guéri » de mes enjeux relationnels en ayant transformé ma relation à moi et par là ma relation aux autres et à plus grand! Cette partie de moi qui a ces attentes, qui veut que le voyage soit « efficace et rentable », j’ai aussi envie de l’accueillir. Accueillir ce qu’elle veut me dire. L’aider à me donner un break! À se détendre!
Si je reviens transformé, mon voyage aura été une réussite! Et si je ne fais que me détendre et me donner un break pendant 3 mois, c’est aussi une transformation et donc une réussite! Beau paradoxe. Mon voyage ne peut qu’être une réussite!! Là-dessus, détendons nous!!
16h En attente de mon premier vol
Il y a une ambiance bien particulière dans un aéroport : comme un mélange de fébrilité, nervosité et excitation. Intéressant, dans ce tourbillon de stimulis, de pratiquer un calme intérieur, de trouver un système nerveux régulé. Je retourne à cette pratique!
9h45 heure de Vancouver (12h45 au Québec)
Un premier vol qui s’est très bien passé. J’ai écouté le film Dis-moi pourquoi ces choses sont si belles, un film inspiré du Frère Marie-Victorin. Pour un biologiste qui a beaucoup utilisé la Flore Laurentienne, c’était vraiment intéressant d’avoir accès à une autre facette de sa vie. je vous en reparle!
Comme j’ai un vol de plus de 16h qui m’attend dans quelques instants, je vais aller me dégourdir. Je vous réécris de l’Asie!!
Mêlé dans les heures!
La lune est magnifique. Elle se reflète sur les nuages en contrebas ou les plans d’eau quand le ciel en dessous est dégagé. Et cette nuit elle dure! On dirait qu’on fuit le soleil! Ça fait 18h en ligne qu’il fait nuit. Des repas à des drôles d’heure, 12 h de décalage horaire, 48 h de transport avec très peu de sommeil et aucun sommeil profond, ça te perturbé un rythme circadien ça!
Célébration : avoir choisi des films à regarder avec la seule intention de me divertir!
Malgré ça, ces films me touchent et me font réfléchir. J’ai l’impression qu’il y a tellement à accepter! Tellement de ce que l’humain a pu faire de laid… Bombes, guerres, génocides, domination etc. Des deuils à vivre. Et un désir aussi de me rappeler ce que l’humain a pu faire de beau. Un n’excluant et n’excusant pas l’autre.
J’ai touché aussi à la question du sens de ma place, de mon purpose ici sur Terre. Curieux de goûter à ce qui révélera pour moi dans les prochains mois.
Tu écris très bien! Merci de nous partager ton expérience!