Quel est ce monde?

Je n’ai pas encore écrit sur ce blogue depuis mon retour au Québec. Il y avait beaucoup de mouvements intérieurs dans cette transition. Je vous partage un petit texte que j’ai écrit vendredi matin dernier, une semaine après être revenu au Québec, qui illustre un peu ce qui bouge pour moi.

Quel est ce monde?

Quel est ce monde dans lequel j'atteris?
Froid, bruyant, rapide, pressé.
Anxieux, isolé, éparpillé, déprimé.
Quel est ce monde j'ai abouti?

Je ne me retrouve plus. Hébété.
Dans ce monde où j'ai grandi,
Cet être anxieux et pressé, j'ai été.
Décalage! Choc culturel, qu’on me dit.

En décalage avec qui j'ai été,
Stressé à l'idée d'y retourner.
Condamné à retrouver les vieux sentiers?
À laisser l'être conditionné me gouverner?

NON! J'ai envie de croire!
Croire qu'un autre retour est possible.
Ne pas passer Go. Ne pas réclamer 200$.
Non! Changer de jeu!

J'ai envie de croire!
Croire que je peux exister simplement.
Croire que ce que je suis est assez.
Croire que je peux être pleinement vivant.

J'ai envie de croire!
Croire qu'un lieu de vie m'attend.
Croire que cette vision est partagée.
Croire qu'en communauté, on peut se rassembler.

Je ne me laisserai pas enfermer.
Dans la boite des croyances limitantes.
Dans l'armure des peurs et des « pas possible! »
Non! Je choisis de croire que c'est possible!

Je choisis de nourrir l'espoir.
De voir la beauté du vivant.
Cultiver un moment à la la fois, cet espoir.
Ralentir. Respirer. Être Vivant.

Quel est ce monde dans lequel j'atteris?
Un monde dérégulé, souffrant, désorienté.
À travers ça, je choisis de voir l'humanité.
Conscience partagée, coeur ouvert, beauté.

Recule! Perspective perspicace!
Voir le jeu. Le théâtre de nos ego.
Reconnecter avec la chance d'Être ici.
D'être Vivant, avec vous, maintenant!

En finissant l’écriture de ce texte qui illustre mes mouvements intérieurs, il y avait une crainte que ce soit interprété comme une invitation au bypass, à l’évitement et au rejet de nos zones d’ombres. Ce n’est pas ça! C’est plutôt une invitation à se regrouper, à se soutenir pour se voir, pour accueillir, pour amener de la conscience où il y a inconscience, à amener de l’Amour où il en manque et à transcender ensemble.

Micro-ouvert

Vendredi soir, il y avait une soirée poésie et micro-ouvert à Waterville. Et dans les jours qui précédaient, je voyais la partie de moi qui voulait y lire un de mes textes et je voyais tout ce qui jugeait que ce n’était pas une bonne idée. J’ai relu plusieurs des textes partagés sur ce blogue, et c’était tout d’un coup plus assez bon pour être partagé. Je pouvais voir mon système nerveux en mode fuite à trouver plein d’excuse et de prétexte pour ne pas y aller et surtout ne pas y lire un texte. Trop dangereux d’être rejeté, de ne pas être aimé, de ne pas appartenir à la gang!

Ce système nerveux, j’ai pu vraiment l’observer lors de la soirée. Pendant le show qui précédait le micro-ouvert, en mode figé, je me sentais tout à coup très fatigué, sans énergie, à vouloir aller dormir. Puis quand, mon système a compris que je ne partirais pas, c’est vraiment la fuite qui a pris le dessus. Tout plein de prétexte pour ne pas y aller, avec des pensées comme :

  • C’est pas assez bon.
  • Je ne suis pas habillé pour ça.
  • Qu’est-ce qu’ils vont penser?
  • Ça ne fitte pas avec la vibe des autres prestations.
  • Je le ferai à la prochaine soirée poésie avec un texte plus travaillé.
  • Je suis trop fatigué.
  • Je ne l’ai même pas relu depuis ce matin. J’aurais dû pratiquer.

J’ai pu observer tout ça en action pendant de longues minutes. Respirer avec ça. Avoir vraiment chaud! Respirer avec ça. Sentir la boule de peur en dedans. Respirer avec ça.

Et quand il y a eu une ouverture. je me suis juste levé et j’y suis allé. Avec toute la fébrilité en dedans. Et j’ai nommé que c’était la première fois (c’était vrai), comme pour me justifier si ce n’est pas assez bon. Et j’ai nommé la fébrilité et pris le temps de respirer et de voir la foule qui me regardait et voir que je n’était pas réellement en danger, voir le théatre intérieur, voir le théatre de la Vie. Et je l’ai lu!

Ça a été vraiment un magnifique opportunité de voir mon système nerveux en action. Et de pratiquer le courage. Je suis fier d’y être allé. Et une amie a pris une photo!

Soirée poésie.
Oser apparaitre devant la communauté à la soirée Poésie et autres folies de Waterville.

Et vous?

Suis-je le seul à me sentir en décalage avec ce que j’observe et ressens dans la société?

Comment nourissez-vous l’espoir?

Merci de partager avec nous en commentaires ce qui nourrit l’espoir pour vous! Pour qu’ensemble, on se soutienne!

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