Ce matin, je viens de lire un texte de Serdar Hararovich qui m’a inspiré à partager une petite fenêtre sur mon chemin vers l’amour de soi. Il commence avec la citation qui suit, laquelle pourrait être traduite par quelque chose comme « tes relations avec les autres sont le reflet de ta relation avec toi-même. »
YOUR RELATIONSHIP WITH YOURSELF, IS YOUR RELATIONSHIP WITH OTHER PEOPLE.
Serdar Hararovich
En lisant ce texte, je constate qu’il y a plusieurs des choses qu’il nomme que je vis maintenant. J’ai envie de célébrer ce matin le chemin parcouru, l’énergie et le temps que j’ai investis à transformer ma relation avec moi-même. Et remercier aussi les personnes qui m’accompagnent sur ce chemin grâce à différents outils : CNV, focusing, IFS, Somatic Experiencing, cercles de parole, tantra, etc.
Impatience de ne plus ressentir d’inconfort
Vous me lisez souvent parler de parties de moi. C’est un langage que j’ai appris avec la CNV et le focusing. Il y a plusieurs « personnages » qui peuvent coexister en moi, plusieurs parties de ma personnalité qui ont été forgées au fil des années de mon développement. Certains classiques : l’enfant intérieur, le critique intérieur, le parent bienveillant. Et ces parties interagissent entre elles et parfois (souvent) c’est l’une d’elle qui prend le contrôle de mes réactions en fonction des situations que je vis. Un peu comme c’est illustré dans le film Inside Out.
Dans ma dernière séance de psychothérapie avec l’approche Internal family system (IFS), il y a principalement deux parties qui se sont présentées :
- L’enfant. Il a envie de vivre de l’amour inconditionnel.
- « L’impatient. » Une partie impatiente qui juge que je vais manquer de temps avant la fin de mon année sabbatique. Elle aimerait tout régler. Que ça se passe comme dans le texte de Serdar pour tous les points d’ici la fin de mon année sabbatique.
L’enfant se sent parfois seul et il ne veut pas prendre le risque de demander de l’amour. Il a peur de déranger l’impatient.
L’impatient n’aime pas voir l’inconfort de l’enfant et il veut que ça change. Il veut régler ça. Il veut faire un câlin à l’enfant pour le rassurer. C’est bien… mais c’est un câlin avec une intention que ça règle l’inconfort.
L’enfant ne se sent pas digne de recevoir de l’amour comme tel. Il sent qu’il devrait être différent, qu’il devrait être différent pour être digne de recevoir de l’amour.
En observant cette dynamique, l’impatient a fait une prise de conscience vraiment importante. En essayant de régler la situation, il ralentit le processus. Sa propension à vouloir éliminer l’inconfort ne fonctionne pas. C’est même contre-productif de vouloir que l’enfant change.
L’enfant s’est senti mieux lorsque l’impatient s’est retiré et que c’est la Présence en moi qui l’a accueilli. Un espace qui accueille inconditionnellement, sans intention cachée, sans désir que l’autre soit différent.
Les dynamiques intérieures peuvent se jouer longuement tant qu’elles ne sont pas conscientisées (et même après). Et je constate que ce sont ces mêmes dynamiques qui se jouent dans les relations avec les autres.
C’est d’un espace de Présence que l’accueil inconditionnel s’opère.
Mon « travail » en ayant pris conscience de cette dynamique, c’est d’abord d’accueillir l’impatient. De lui rappeler que c’est contre-productif d’essayer de régler les inconforts des autres parties. De voir avec lui comment il peut contribuer à créer de l’espace dans ma vie pour que la Présence puisse accueillir l’enfant. Que cette Présence en moi puisse lui donner de l’amour, tel qu’il est, sans rien à changer.