Ce que ça me fait de décider de partir en voyage? Je partage ici quelques éléments de mon processus en lien avec le choix de voyager dans les prochains mois. Écrire cette synthèse me permet de connecter au sens du voyage. À noter que même si j’ai acheté mes billets ce matin (Yeah! Célébration!), j’avais écris la majorité de ce texte la semaine dernière alors que j’étais encore plein de questionnements!
Prendre l’avion – un mal nécessaire?
Je vois toute la résistance en moi à l’idée de prendre l’avion en sachant les impacts que les vols ont sur le climat. Il y a tout un mouvement et une mobilisation autour de la « honte de voler » (« flygskam ») surtout en Europe. Le terme flygskam est suédois.
Je n’ai pas envie ici d’être dans le shaming ni la culpabilisation, ni la justification de mes choix. Je peux voir que ce thème me fait vivre diverses émotions et réflexions. Je vois le désir de choisir consciemment, d’assumer l’impact de mes choix et de vivre en intégrité avec mes valeurs.
Mes vols en avion (environ 30 000 km) devraient émettre environ l’équivalent de 5 à 6 tonnes de GES, soit sûrement plus que ce que j’émets dans une année normale quand je ne voyage pas.
Ce sera mon premier vol en 6 ans. Et je vois que je dois vraiment toucher au sens du voyage et ce que ça va m’apporter pour que ça vaille la peine de prendre l’avion ainsi. Et partir plusieurs mois pour que ce soit « rentable » d’émettre autant de GES.
Collectivement et individuellement, est-ce qu’on touche encore le privilège qu’on a de voyager? Ce qui est rendu presque la normalité ou une routine était autrefois toute une aventure en voyageant à cheval et en bateau. Sait-on vraiment apprécier toute la chance qu’on a? Est-ce qu’on consomme le voyage comme on consomme n’importe quel cossin dans un magasin de « presque-prêt-à-jeter« ? Cumulant les destinations pour cocher sur notre liste comme on cumule maintenant les objets ou même les relations.
C’est indéniable qu’il y a vraiment une richesse à entrer en lien avec d’autres peuples, d’autres cultures, d’autres territoires. De cultiver l’empathie et de se rapprocher de la « différence ».
Quand je voyage, est-ce que je prends vraiment le temps d’entrer en lien? Ou bien je regarde, je salue, je photographie et je poursuis ma route saupoudrant la superficialité des rencontres ici et là?

Les peurs
En lisant sur les désagréments et les possibles maladies qu’on peut rencontrer dans ces pays, il y a une partie de moi qui se demande pourquoi se donner ce trouble! Pourquoi je ne reste pas tranquillement ici, à explorer comme dans les derniers mois, à m’observer à travers des expériences vécues ici, à méditer dans un ashram au Québec, etc. Ou encore, je pourrais faire un roadtrip dans l’Ouest ou aux États-Unis!
Je dirais que la principale peur en moi, c’est celle d’être vraiment malade. D’attraper un de ces trucs qu’on attrape que dans les pays du Sud. Et d’être seul avec ça là-bas. De souffrir seul. D’être seul et sans soutien.
Il y a aussi la peur de ne pas faire le bon choix de destination. J’en parle plus bas!
Pourquoi partir?
Pourquoi partir alors? La réponse facile « Parce qu’il fera trop froid pour vivre dans mon char » ne fait pas de sens après avoir reçu plusieurs offres de chambres où je pourrais crécher dans les prochains mois!
Clairement, pour sortir du connu, du confort. Je ne parle pas ici du confort de vivre dans ma Honda Fit! Mais plutôt du confort intérieur de rester dans ce qui est facile. Donc, élargir ma zone de connu, apprendre à communiquer sans les mots (considérant la barrière de la langue), cultiver le courage et la résilience face à mes peurs. M’observer aussi dans des zones d’ombres qui ne ressortiraient pas dans un contexte connu comme ici.
Vivre l’énergie du voyage. Me permettre d’exister dans un espace où je ne connais personne et où je n’ai personne à qui plaire.
Me retrouver seul. En silence. Me créer de l’espace pour être avec tout ce qui se vit en moi.
Explorer des modèle différents de vivre ensemble. Goûter à la sobriété. A-t-on vraiment besoin de tout ce qu’on a ici pour être heureux?
Bref, mon intention en ce moment :
Ma relation avec mes parties intérieures s’harmonise et la confiance se fortifie. Je découvre de la clarté sur le sens de ma place dans le monde. Je sens une direction claire pour la suite au niveau professionnel, personnel et relationel. Je suis en pleine santé physique, mentale et spirituelle. Une nouvelle pratique bien-être est maintenant enracinée dans ma routine.
Pourquoi l’Asie du Sud-Est?
Grosse question! J’ai pris du temps à accompagner ce qui en moi avait peur de faire « le mauvais choix ». Comme s’il n’y avait qu’un seul bon choix! J’ai le choix des actions que je pose. J’ai aussi le choix du sens que je donne aux choses qui se passent. Et je vois la nécessité de vivre le deuil des opportunités auxquelles je dis non. Accepter l’impact de mes choix.
Dans ce processus, je vois comment j’accorde de l’importance à ce que les autres me nomment, changeant d’idées à quelques reprises en fonction des conseils ou des vécus des gens qui me les ont partagé. Je vois comment ça peut parfois être difficile de discerner entre l’importance de rester ancré dans ce qui vibre pour moi et la rigidité ou l’obstination à rester fidèle à la première idée. Comme si j’essaie de me raconter une histoire pour justifier une conclusion déjà établie.
Je pars en Thailande à la mi-novembre et j’aimerais aussi explorer le Laos, le Cambodge et le Vietnam. Un voyage d’environ 3 mois pour me laisser le temps de prendre le temps!
Alors, ce choix est un mélange d’intuition et d’analyse. Déjà en février, j’avais un feeling que ce serait la Thaïlande. À l’intérieur de quelques jours, j’avais entendu parlé « par hasard » de la Thaïlande par 4 personnes et lu sur ce pays dans un livre. Je voyais ça comme un signe! Voici en vrac quelques raisons pour ce choix :
- Vivre la philosophie orientale, très différente de ce qu’on vit en Occident.
- Goûter à la philosophie bouddhiste – pour nourrir les intentions mentionnées précédemment
- Profiter du climat agréable à cette période de l’année
- Voyager en relative sécurité
- Voyager à coût peu élevé pour me permettre de continuer de ne pas travailler et ne pas être (trop) préoccupé par l’aspect financier
- Bien manger et découvrir la culture propre à chaque pays et peuple.
Et vous, quelle est votre relation au voyage?
J’ai envie de vous lire sur ce qui vous fait voyager? Quelle est votre intention en voyageant?
Suis-je le seul à qui ça fait quelque chose de prendre l’avion?